GÉRER LA DIVERSITÉ

1.1 Introduction

Dans ce matériau pédagogique, vous apprendrez d’abord à connaître les concepts d’éthique mondiale, de justice mondiale et de cosmopolitisme. L’humanité est actuellement confrontée à plusieurs défis, tels que le changement climatique, et ces défis peuvent se résoudre uniquement si chacun collabore conjointement pour évoluer vers un environnement plus propre. La deuxième partie de cette leçon vous en apprendra davantage sur la question de la citoyenneté et de la protection des droits offerts par un État (national). Le concept de justice de statut y sera présenté, de même que les concepts d’apatride, de personne déplacée, de réfugié et d’asile. Enfin, la question del’immigration et de l’hospitalité sera abordée concernant le concept sous-jacent de « rencontre avec les autres », c’est-àdire des personnes qui sont différentes de nous mais qui demeurent égales en droits et en statut.

Questions sur la vidéo animée

Voici les questions qui vous ont été posées dans la vidéo animée. Vous pouvez réfléchir de nouveau aux réponses que vous avez données et, en particulier, les raisons pour lesquelles vous les avez choisies. Certaines questions sont également pertinentes pour le contenu et les devoirs ci-dessous.

Question 1 : Le maintien de la famille au poste de contrôle d’immigration était-il la bonne chose à faire et pourquoi ? (plusieurs réponses possibles)

Question 2 : Pourquoi les passeports sont-ils importants ? (plusieurs réponses possibles)

Question 3 : Pensez-vous qu’il est juste de faire une distinction entre les citoyens et les non-citoyens ?

Question 4 : Êtes-vous d’accord pour dire que tout le monde devrait être libre de voyager, de se déplacer ou de vivre où bon lui semble ?

Question 5 : Pourquoi l’accueil et la protection des réfugiés sont-ils importants ? (plusieurs réponses possibles)

Question 6 : Certaines personnes sont apatrides. Quelle serait la bonne chose à faire par rapport à leur statut ?

1.2 Éthique mondiale, justice mondiale et éthique cosmopolite

L’éthique mondiale est une approche des défis et des questions éthiques (par exemple, le changement climatique et la pollution, les droits de l’homme, l’aide étrangère et l’aide aux pauvres, le commerce équitable et les droits des travailleurs, la protection des réfugiés, le développement et la réglementation de l’utilisation des nouvelles technologies, etc.). Elle aborde toutes ces questions du point de vue du monde ou de l’humanité dans son ensemble. Les raisons en sont la mondialisation, qui rend le monde de plus en plus interconnecté et interdépendant.

La justice mondiale est un aspect de l’éthique mondiale qui est centré sur la justice à l’échelle mondiale. Elle examine le rôle des institutions internationales et mondiales, par exemple l’Organisation des Nations Unies ou le système des droits de l’homme. Elle s’efforce également de formuler des normes universelles de justice qui s’appliquent à toutes les personnes et à tous les états.

La justice mondiale concerne principalement deux domaines. Le premier est politique et institutionnel et concerne, par exemple, la question de la gouvernance (mondiale) et de la protection des droits de l’homme fondamentaux. Le deuxième est économique et culturel et se concentre sur des questions telles que la pauvreté et les inégalités, la répartition et l’exploitation des ressources naturelles, entre autres. D’un point de vue global, elle défend une répartition juste des avantages et des charges.

Le cosmopolitisme est un moyen de relever les défis mentionnés ci-dessus. Il s’appuie sur l’idée que nous sommes tous citoyens du monde (et non pas seulement un état national donné) et donc membres d’une seule communauté. Le Politiek kosmopolitisme pleit voor de idee van een soort concrete wereldpolitiek, een wereldregering, en een bijbehorend wereldburgerschap. Cultureel cosmopolitisme politique prône l’idée d’une sorte de régime politique mondial tangible, d’un gouvernement mondial et d’un système de citoyenneté mondiale associé. Le cosmopolitisme culturel est un point de vue selon lequel nous devrions apprécier et protéger différentes cultures.

Devoir 1
Effectuez le devoir en trois étapes ci-dessous en écrivant vos réponses.
1.a Dans la colonne de gauche, énumérez cinq problèmes ou défis auxquels l’humanité dans son ensemble doit faire face actuellement. Réfléchissez ensuite à leur importance relative et classez-les en conséquence dans la colonne de droite.

1.b Comment définiriez-vous ou décririez-vous la justice à quelqu’un ? Quelles conditions un monde juste devrait-il respecter ?

1.c En quoi le monde serait-il différent si nous étions tous considérés comme des citoyens du monde entier ?

1.3 Droits de l’homme, justice de statut, apatrides et réfugiés

Les droits de l’homme sont les droits des individus et des groupes, qui leur appartiennent du seul fait qu’ils sont humains. Ils reposent sur la dignité et la valeur inhérentes à chaque être humain. Ce sont les fondements d’une société pacifique et prospère.

« Les droits de l’homme sont des droits que nous avons simplement parce que nous existons en tant qu’êtres humains – ils ne sont pas accordés par un état. Les droits de l’homme sont des droits inhérents à tous les êtres humains, quelle que soit la nationalité, le sexe, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, la langue ou tout autre statut. Ils vont du droit le plus fondamental (le droit à la vie) aux droits qui rendent la vie digne d’être vécue, tels que les droits à l’alimentation, à l’éducation, au travail, à la santé et à la liberté. » (HCDH 2021)

Les droits de l’homme sont :
• Universels: ils appartiennent à toutes les personnes, ce qui signifie qu’elles en jouissent toutes de manière égale
• Inaliénables: ils appartiennent à toutes les personnes et ne doivent pas leur être retirés ; ils peuvent être restreints uniquement dans des circonstances spécifiques et pour une durée limitée,
• Indivisibles et interdépendants : les droits de l’homme forment un tout unifié (droits économiques, sociaux, politiques et culturels) et sont dépendants les uns des autres, ce qui signifie que l’on ne peut pas jouir pleinement d’un droit spécifique sans que d’autres droits soient également garantis.
• Égaux et non-discriminants : tous les êtres humains sont égaux en dignité et en droits (HCDH 2021).

La dignité est une valeur fondamentale et inhérente détenue par tous les êtres humains sur la base de leur humanité. Elle est souvent considérée comme la base des droits fondamentaux et des droits de l’homme de chaque individu. La dignité de chaque individu protège contre les types inappropriés de traitement susceptibles d’atteinte à sa dignité (par exemple, traitement dégradant, torture, etc.) ou les situations dans lesquelles il peut se trouver (par exemple, extrême pauvreté, esclavage, apatridie, etc.).

La justice de statut est une justice qui permet à une personne de faire reconnaître ses droits. Elle est donc décrite comme « le droit d’avoir des droits ». Elle facilite l’exercice d’autres droits. Le droit d’avoir des droits est un droit de l’homme qui peut être défendu dans le cadre des principes de justice mondiale et cosmopolite.

Les personnes apatrides désignent des personnes qui ne sont reconnues comme ressortissantes ou citoyennes par aucun État en vertu de sa législation (Nations Unies 1954). Cela signifie qu’une personne apatride est une personne qui ne possède la nationalité d’aucun pays. Elles sont donc particulièrement vulnérables.
Les principales causes d’apatridie sont : des lois qui déterminent les circonstances dans lesquelles une personne acquiert la nationalité ou peut se la voir retirer, la migration vers un état qui ne permet pas à un parent de transmettre la nationalité par le biais de liens familiaux, l’émergence de nouveaux états et de changements concernant les frontières et la perte ou la privation de la nationalité (HCR 2021)

Les personnes déplacées ou déplacées par la force sont des personnes qui ont été éloignées de manière involontaire ou de force de leur foyer ou de leur région d’origine. Selon l’ONU, il y a eu environ 80 millions de personnes déplacées de force dans le monde entier, dont environ 30 à 34 millions d’enfants de moins de 18 ans. Sur l’ensemble des personnes déplacées de force, 26 millions d’entre elles étaient des réfugiés et 45,7 millions des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (HCR 2020)..
Les réfugiés désignent des personnes déplacées et forcées de franchir les frontières nationales et qui ne peuvent rentrer chez elles en toute sécurité. Elles ont le droit de demander l’asile. La Convention des Nations Unis relative au statut des réfugiés (1951) définit un réfugié comme une personne qui « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événem§ents, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut pas y retourner » (ONU 1951)
Les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays sont « des personnes ou des groupes de personnes qui ont été forcés ou contraints de fuir ou de quitter leur foyer ou leur lieu de résidence habituel, notamment en raison d’un conflit armé, de situations de violence généralisée, de violations des droits de l’homme ou de catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme ou pour en éviter les effets, et qui n’ont pas franchi les frontières internationalement reconnues d’un état. » (ONU, 2004)

Devoir 2
Effectuez le devoir en trois étapes ci-dessous en écrivant vos réponses ou en réalisant les exercices.
2.a Possédez-vous un passeport ? Dans combien de pays avezvous déjà voyagé et quels sont ces pays ? Avez-vous dû utiliser votre passeport ?

2.b Tous les êtres humains sont égaux en dignité et en droits humains. Pourquoi et dans quelle mesure cela est-il important pour les réfugiés et les apatrides ?

2.c À quoi pensez-vous lorsque vous entendez le mot « réfugié » ou bien à quoi associez-vous ce mot ? Que ressentez-vous lorsque vous y pensez ? Veuillez utiliser l’espace ci-dessous pour essayer de dessiner ces sentiments. Vous êtes libre de les représenter comme vous le souhaitez.

1.4. Immigration et hospitalité

La question de l’hospitalité tourne autour du fait de savoir s’il existe des limites à la possibilité pour les États de fermer complètement leurs frontières. Cette question concerne l’éthique mondiale et la justice mondiale. Les réfugiés devraient-ils être autorisés à entrer dans un État donné ? Pourquoi ? Qui d’autre doit être accueilli et accepté ? Qu’en est-il des apatrides comme la famille dans la vidéo ?

Le rôle, la fonction ou la valeur d’un groupe national (dans ce cas) et de l’appartenance à un groupe réside dans la protection efficace des droits d’un individu qu’il offre. Par exemple, un État vous délivre un passeport qui vous permet de voyager et de rentrer chez vous. Un visa délivré par un État vous permet de visiter cet État et d’y séjourner. Souvent, les apatrides n’ont pas la possibilité d’obtenir un passeport ou un visa. C’est pourquoi les apatrides sont des personnes particulièrement vulnérables.

Fridtjof Nansen, un ancien explorateur polaire, haut-commissaire aux réfugiés de la Société des Nations et titulaire du prix Nobel de la paix (1922), a mis en place ce qu’on appelle le système de passeports Nansen après la Première Guerre mondiale.

Le passeport Nansen était un document de voyage reconnu délivré initialement par la Société des Nations pour les réfugiés et les apatrides qui ne pouvaient obtenir de documents de voyage auprès d’un État ou d’une autorité nationale. Ces passeports permettaient à ces personnes de voyager.

Pour plus d’informations sur les passeports Nansen et l’apatridie, vous pouvez visiter une excellente carte interactive en ligne ou une exposition de la Fondation EVZ.1

Devoir 3

Effectuez le devoir en trois étapes ci-dessous en écrivant vos réponses ou en réalisant les exercices.

3.a Réfléchissez à un moment de votre vie où quelqu’un vous a offert l’hospitalité. Comment définiriez-vous l’hospitalité ?

3.b Envers quelles personnes devrions-nous manifester de l’hospitalité?

3.c Si quelqu’un est différent ou étranger, qu’est-ce qui le rend différent? Dans quelle mesure ces différences peuvent-elles être pertinentes concernant ses droits ?

Glossaire

Apatride : désigne un individu qui n’est pas considéré comme un citoyen ou un ressortissant en vertu des lois d’un pays, c’est-à-dire qui ne possède la nationalité d’aucun pays, et qui se trouve donc sans la protection d’un pays ou d’un État

Asile : désigne la protection accordée par un État à une personne qui a quitté son pays d’origine en tant que réfugié (il s’agit généralement d’un réfugié politique). Face à la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile dans d’autres pays. Une personne qui demande l’asile est appelée « demandeur d’asile ». Chaque année, environ un million de personnes demandent asile dans le monde entier.

Citoyenneté : désigne une relation entre un individu et un État. Un citoyen a certains droits et libertés et a droit à la protection de l’État mais, d’un autre côté, il a également des responsabilités. Elle peut être acquise par la naissance sur le territoire de l’État, l’ascendance, le mariage et la naturalisation.

Cosmopolitisme : désigne un point de vue selon lequel toutes les personnes – indépendamment de leur citoyenneté ou de leur État national – devraient bénéficier du même respect et de la même considération. Le cosmopolitisme éthique est un point de vue selon lequel nous avons des devoirs, des obligations et des responsabilités envers les autres dans ce monde global puisque nous faisons tous partie d’une seule communauté mondiale.

Dignité : valeur fondamentale et spéciale, inaliénable, détenue par tous les êtres humains sur la base de leur humanité. Elle est souvent considérée comme la base des droits fondamentaux et des droits de l’homme de chaque individu.

Droits de l’homme : droits fondamentaux qui appartiennent à tout individu humain (ou à un groupe d’individus) s’appuyant uniquement sur le fait qu’il est humain, indépendamment de son âge, de son origine ethnique, de son lieu de résidence, de sa langue, de sa religion, de son appartenance ethnique ou de toute autre situation. La Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1948.

Éthique mondiale (également éthique planétaire) : désigne un point de vue qui reconnaît la mondialisation et l’interdépendance mutuelle de l’humanité dans son ensemble, y compris le fait que les défis les plus sérieux, y compris les défis moraux auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui (sur le plan économique, socioculturel, technologique, géostratégique, informationnel, écologique, etc.) ont une envergure mondiale, et peuvent être résolus uniquement dans un cadre mondial similaire.

Hospitalité : au sens large, désigne un geste sociable d’accueil, de gentillesse et de générosité ; au sens strict, tel qu’utilisé dans les débats sur l’immigration et les réfugiés, elle est considérée comme un aspect de la justice. Le droit à l’hospitalité est lié au droit d’appartenance.

Justice mondiale : désigne une approche de l’éthique mondiale qui met l’accent sur la justice à l’échelle mondiale et sur les normes universelles de justice, par exemple les droits de l’homme ou un principe qui exige une juste répartition des avantages et des charges dans le monde.

Passeport : désigne un document de voyage officiel, généralement délivré par un gouvernement national à ses citoyens, qui identifie son détenteur lorsqu’il voyage en tant que citoyen ou ressortissant ayant un droit à la protection pendant son séjour à l’étranger et un droit de retour dans son pays d’origine.

Personne déplacée : désigne une personne qui a été contrainte de quitter son foyer pour une période relativement longue, par exemple en raison d’une guerre, d’une persécution illégale ou d’une catastrophe naturelle. Si une telle personne franchit la frontière de son pays, elle est considérée comme une personne réfugiée.

Réfugié : selon la définition de l’ONU, les réfugiés sont des personnes qui se trouvent hors du pays dont elles ont la nationalité ou dans lequel elles avaient leur résidence habituelle, et qui ne peuvent y retourner en raison de menaces graves et systématiques à la vie, à l’intégrité physique ou à la liberté, résultant de violences généralisées ou d’événements qui perturbent gravement l’ordre public.

Visa : désigne une autorisation accordée par un État ou un territoire à un étranger, lui permettant d’entrer sur ce territoire, d’y séjourner ou d’en sortir. Habituellement, les visas sont inscrits dans le passeport de la personne.

Referenties

ONU. 1948. Déclaration universelle des droits de l’homme. Disponible à l’adresse : https://www.un.org/en/about-us/universal-declaration-of-human-rights
ONU. 1951. Convention relative au statut des réfugiés. https://www.unhcr.org/3b66c2aa10
UN. 1954. Convention relative aux droits des apatrides. https://www.unhcr.org/un-conventionson-statelessness.html
ONU. 2004. Principes directeurs des Nations Unies relatifs au déplacement des personnes à l’intérieur de leur propre pays. https://www.unhcr.org/protection/idps/43ce1cff2/guidingprinciples-internal-displacement.html
UNHCR. 2020. TENDANCES MONDIALES. DÉPLACEMENTS FORCÉS EN 2019. Disponible à l’adresse : https://www.unhcr.org/5ee200e37.pdf
HCR. 2021. Mettre fin à l’apatridie. https://www.unhcr.org/ending-statelessness.html
OHCRH. 2021. Que sont les droits de l’homme ? Disponible à l’adresse : https://www.ohchr.org/ en/issues/pages/whatarehumanrights.aspx
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